Atelier sur les ASSISES DE LA MOBILITE

Le Comité LaRem d’Arles a organisé un Atelier concernant la Mobilité dans le Pays d’Arles, en présence de Rudy RICCIOTTI, Architecte (MUCEM).

Mon allocution d’ouverture de cet Atelier :

Monsieur le Sous-Préfet,  Messieurs les Maires et Conseillers Départementaux et Régionaux,  …, chers amis,

Monsieur le Président de la CCI du Pays d’Arles,

Cher Stephane PAGLIA, c’est avec vous que je termine mes salutations aux personnalités présentes ce soir, et c’est pour vous remercier tout particulièrement d’avoir pris l’initiative de faire piloter par la CCI cet atelier du pays d’Arles dans le cadre des Assises de la mobilité. Vous avez pris cette décision il y a 3 semaines, alors je vous expliquais les démarches que j’ai engagées auprès de la Ministre des Transports dès mon élection pour « réveiller » des dossiers essentiels à ma circonscription et au pays d’Arles, pour les faire aboutir. Je suis issue du monde économique et j’apprécie votre contribution volontaire et résolue à la relance de l’économie locale, car c’est forcément ensemble que tous les acteurs institutionnels et socio-économiques du pays d’Arles pourront arracher à l’Etat, à la Région et au Département les financements des équipements dont les manques et les retards pénalisent notre territoire tant sur le plan économique que social.

Cet atelier du pays d’Arles est nécessaire, et nous en avons tous 2 été convaincus en constatant que les services de l’Etat avaient « oublié » le pays d’Arles dans l’organisation régionale des ateliers territoriaux. Mais je les remercie d’avoir apporté une contribution technique à notre initiative locale.

Cet atelier est d’autant plus important que ses conclusions en remonteront fortement auprès de la Ministre, que j’ai déjà prévenue de notre initiative à l’appui de nos enjeux de projets.

Vous avez choisi d’organiser cet atelier dans la forme préconisée  par le Ministère. 6 thèmes de réflexion sont proposés, mais ici même, certains de ces thèmes sont plus prégnants, car ils impactent notre vie courante, que nous soyons simples citoyens ou acteurs économiques ou sociaux, que nous soyons jeunes et scolarisés, ou seniors et retraités, mères de famille, ou travailleurs actifs…

Pour lancer votre réflexion dans les 6 ateliers, je crois utile de vous proposer quelques pistes de réflexion, auxquelles je réfléchissais quand j’étais simple arlésienne, et que j’ai immédiatement choisi de prendre en charge comme votre députée.

Mais tout d’abord, je veux souligner la grande qualité du rapport de présentation du projet de SCOT du pays d’Arles, en particulier le diagnostic socio-économique et sa partie « Déplacements et Infrastructures ». Je salue le travail des élus locaux et du PETR qui l’a porté, et je regrette que la mise à disposition du public de ce dossier ait été discrète en Septembre dernier, et peu médiatisée, car nos concitoyens y trouveront bien des sujets de réflexion quant aux politiques publiques nécessaires au développement du pays d’Arles, et surtout à l’amélioration de leur cadre de vie. Ce SCOT devrait être approuvé d’ici la fin de l’année, et je souhaite qu’ensuite, toutes les forces vives du pays d’Arles oeuvrent ensemble à la mise en œuvre des projets qu’il décrit et met en cohérence territoriale. Après la réflexion, il faut l’action … et quoi de plus essentiel et naturel que de l’action quand il s’agit de mobilité ! Et dans cet esprit, j’ai soutenu aussi activement que discrètement les initiatives récentes des 3 intercommunalités du pays d’Arles pour mieux s’unir et structurer le PETR avant toute autre considérations institutionnelles. Le projet de SCOT montre clairement que la question des mobilités dépasse l’échelon de chaque intercommunalité et se pose au niveau du pays d’Arles entier.

Cet atelier est l’occasion de souligner ce que nous dit le SCOT : la problématique du pays d’Arles est complexe car le territoire est très vaste avec des densités d’occupation humaine très variables, et son armature urbaine est polymorphe. Mais une véritable stratégie de déplacements et de mobilité peut animer le projet de territoire et permettrait d’articuler la dynamique urbaine avec des dynamiques multimodales.

Pour ma part, et pour initier notre réflexion de ce jour, je souhaite évoquer rapidement quelques sujets moins technocratiques et plus citoyens, relevant de ce quotidien que je connais bien comme arlésienne et comme femme. Et  ce sont des sujets qui croisent les 6 thèmes officiels de réflexion de ces assises.

Le premier, pour moi, est celui de la santé.

Certes la santé semble relever du thème environnement, «  pour des mobilités plus propres ».  La qualité de l’air est ici un sujet en soi. Je vous invite à consulter le site de AIR-PACA chaque semaine ; en dehors des épisodes de pollutions massive d’origine urbaine qui affectent fortement Marseille ou Aix, qui cristallisent volontiers l’attention des media, la pollution dans les Bouches du Rhône se concentre sur 2 axes  routiers, Fos-Miramas et Salon-Arles. Cette situation est devenue banale, et devrait interpeller davantage que les épisodes marseillais puisqu’elle sévit au long de l’année. Pour prendre la période récente de cet automne, je vous invite à regarder les cartes de pollution des 12, 13 , 26 octobre ou encore 3 novembre. Salon, Istres et Fos, S Martin de Crau et Arles sont les seules agglomérations en rouge dans les Bouches du Rhône… et parfois Arles seule !

Mais la qualité de l’air n’est pas le seul sujet « santé ». Nous savons tous que pour être en bonne santé, il faut être sereins ; c’est la sérénitéqui conditionne le bien-être. C’est la sérénité de nos concitoyens qui doit guider les politiques locales ; que ce soit en termes d’emploi, de solidarité, ou simplement de vie quotidienne. Et qu’y a-t-il de plus prégnant que le besoin de se déplacer en sérénité ? Nous avons besoin de mobilités sereines, avec des infrastructures efficaces et durables, des transports organisés et disponibles, des lieux d’échanges intermodaux accueillants…

Je vous invite à lire la remarquable contribution volontaire à ces assises du collectif régional inter-associations que m’a transmis NOSTERPACA. C’est un travail exhaustif que je soutiendrai, car il traite du « vécu », et les propositions faites pour les transports collectifs et les modes doux sont pertinentes.

Le « vécu », c’est en fait que nos concitoyens subissentleurs conditions de mobilité ; comment être serein quand on subit ! Mais en fait, les pouvoirs publics subissent, eux aussi. Voyez comme l’usage de l’automobile a contraint et dessiné l’urbanisme des années 50 à 80. Et comme il a orienté les pratiques sociales des années 70 à maintenant.

Il nous faut donc passer des mobilités subies aux mobilités maîtrisées, que l’on soit citoyen ou décideur. Ici même, à Arles, nous savons tous que la reconquête d’un urbanisme paisible et convivial ne sera pas possible sans revoir fondamentalement les conditions de déplacement.

Bien sûr, vous pensez aussitôt au projet de contournement autoroutier qui ne doit plus être ce Graal espéré mais jamais obtenu. Oui, il est indispensable et urgent. Mais je pense aussi au Rhône, ce lien premier unissant le pays d’Arles et donnant vie à l’essentiel de son territoire.

Bizarrement, le Rhône est vécu comme une menace ou une contrainte depuis les grandes inondations, alors que nous devons lui rendre toutes ses fonctions symboliques et opérationnelles. A Lyon, il y a depuis 4 ans des navettes sur le fleuve ; à Marseille, on prépare des vaporetto. A quand des navettes fluviales entre les Salins, le Sambuc, Mas Thibert et jusqu’à Tarascon ?

A quand aussi un pont supplémentaire sur le Rhône, comme dans la plupart des villes rhodaniennes au sud de Lyon ? Car la rive droite reste coupée, et même le projet de SCOT se cantonne dans ses limites administratives et oublie l’unité régionale autour du fleuve, une unité qui ne vit que des mobilités possibles. C’est dans cet esprit que j’ai proposé aux ministres compétents de relancer la réflexion sur un Grand plan Rhône, vraiment « grand », où la question des mobilités et de l’aménagement économique et culturel aura toute sa place.

Je ne peux être exhaustive, et vous comprenez que ce sujet me passionne. C’est bien normal puisque ma vie professionnelle a été consacrée à la mobilité des marchandises. Mais il faut aussi insister sur le sujet des mobilités connectées.

En fait, voici qu’Arles se transforme en smart-city sans le dire et sans peut être le savoir. Vous souriez : et pourtant, voyez comment la culture en pays d’Arles se transforme sous vos yeux. Elle est connectée et à la pointe de ces évolutions. Et nous développons ici des formations de pointe dans ce domaine, qui commencent déjà à influencer les modes de vie locaux. Et vont donc influencer l’urbanisme, qui toujours suit, souvent tardivement, ces mouvements profonds de société.L’Institut d’urbanisme de Paris a pointé récemment dans les modèles de « Smart-Cities », l’inertie des changements de comportement et le manque de solutions proposées par la puissance publique, notamment dans les espaces publics et les demandes citoyennes.

Alors, je mets en débat cette question. La culture connectée est là. Les mobilités connectées arrivent. Quel est le projet de smart territoiredu pays d’Arles ? Toutes les forces vives devraient et peuvent contribuer à ce projet ? Et il y a là un développement du projet de SCOT qui pourrait être participatif.

Notre territoire a l’avantage d’être devenu un pôle fort de logistique, et la logistique est un secteur avancé des mobilités connectées.  C’est un appui fort pour l’organisation d’un cluster des mobilités connectées et des technologies appliquées à ce secteur.

D’autant plus que ces technologies sont aussi fortement liées aux technologies de la transition énergétique et climatique. La mobilité auto-mobile, pardonnez-moi cette tautologie mais je veux rappeler que auto-mobile ne veut pas dire seulement voiture, s’appuiera d’ici 20 ans principalement sur l’hydrogène. Et le secteur industriel de FOS s’apprête à accueillir des unités majeures de recherche, puis industrielles, dans ce domaine de l’hydrogène vert et des énergies propres et décarbonées. Nous avons là une chance à saisir pour que la mobilité connectée ne soit pas que subie ici, qu’elle ne soit pas qu’un sujet de réflexion, mais une véritable source de développement économique et environnemental privilégié dans le pays d’Arles.

Cher Stephane Paglia, voilà de belles perspectives d’action pour la CCI.

Chers amis, je vous remercie, et vous souhaite bon travail !