LE RHÔNE

Le Rhône ne peut pas être considéré uniquement comme source de problèmes et de dangers.

Tout a été mis en oeuvre et des investissements majeurs ont été déployés, pour que les citoyens et le territoire soient protégés. Aujourd’hui, nous sommes dans une phase, où nous devons regarder ce que le Rhône peut apporter à notre ville d’Arles et à notre territoire.

Plusieurs possibilités, je pense, par exemple, à la croisière fluviale, que faut-il pour que la croisière fluviale se développe ? Nous avons la chance d’avoir un Port trimodal sur le Rhône pour les marchandises. Je travaille déjà avec la Chambre de Commerce dans ce domaine-là, mais à voir comment on pourrait d’avantage développer l’utilisation de ce Port pour le transport de marchandises. La mobilité douce,  ne pourrait-on pas imaginer que des porteurs de projets se fassent connaitre ? pour par exemple ouvrir la possibilité par petites péniches, entre Arles et les Marais du Vigueirat et permettre aux Arlésiens de visiter le Rhône jusqu’au Marais et voir plus loin et prendre pleine conscience de la beauté des paysages qui longent le Rhône.

Je me suis fixée comme objectif de faire en sorte  que les gens qui sont de près ou de loin concernés ou impliqués dans ce dossier, puissent se parler, puissent échanger   s’impliquer pour créer ensemble le projet, le suivre et faire en sorte qu’il aboutisse.

« LE RHÔNE UNE CHANCE POUR NOTRE VILLE »
REUNION PUBLIQUE LE 27 MARS 2018

Mon intervention, texte introductif :

« Sur le plan réglementaire, le plan Rhône actuel répond aux exigences de gestion technique du fleuve. Et nous faisons tous confiance aux ingénieurs de l’Etat, de la CNR et du SYMADREM pour poursuivre leur action, efficace et nécessaire.

Sur le plan économique, le fleuve est à la fois un pourvoyeur d’eau, et un moyen de transport. A Arles, ce n’est plus vraiment un lieu de pêche, et ce n’est que peu, pas assez, un espace de tourisme nautique.

Et sur le plan culturel, où en sommes-nous ?  Nous parlons beaucoup de la Camargue, d’agriculture, de traditions, mais si le Rhône est partout dans nos activités culturelles, il ne l’est presque toujours qu’en arrière-plan. Autour de nous ici, derrière toutes nos activités, le Rhône est présent, mais si discrètement. Il est la matrice de notre écoumène. J’utilise ce mot précisément comme l’a défini Augustin BERQUE, grand spécialiste de la culture japonaise. Une culture où rien n’existe hors de la nature et de ses essences. Je ressens le Rhône comme le créateur et le maître de notre écoumène arlésien. Les japonais le célébreraient  et le remercieraient. Et nous ?

Pour moi, un Grand plan ou projet Rhône ne peut donc être que sensible avant d’être raisonné. Il doit parler à nos cœurs, à nos subconscients, au fond de nos êtres. Il doit être une exaltation de notre humanité rhodanienne, provençale, arlésienne et camarguaise. Il doit traiter autant du fleuve que des occupations humaines de l’espace : agricoles, paysagères ou urbaines. En novlangue moderne, on ajouterait qu’il doit être sociétal.

C’est bien ce à quoi j’aspire. Il ne s’agit pas de lancer une nouvelle démarche technocratique, mais de faire appel aux sensibilités cachées, aux « kala k’agatha » qui restent masquées derrière les expressions raisonnées. Pour cela, je souhaiterais que toutes les institutions impliquées se réunissent pour lancer une grande démarche citoyenne, à partir d’un concours d’idées très ouvert ; à une vaste échelle, c’est ce qui a été fait pour le Grand Paris il y a quelques années par le Gouvernement.

A des échelles moindres, toutes les démarches de réconciliation entre ville et fleuve ou ville et littoral ont fait l’objet de concours de créateurs, architectes, urbanistes, sociologues et géographes. Que ce soit à Lyon pour la re-socialisation des berges du Rhône puis de la Saône, ou à Hambourg, Nantes, ou au Cap, à Seattle. Je préfère le mot resocialisation à celui généralement utilisé de reconquête, qui suppose une domination de l’urbain sur le fleuve ou la mer : il nous faut unir à nouveau fleuve et Ville, comme le fleuve est uni à la Camargue. Il nous faut un concours d’imagination et d’urbanités pour dépasser les approches techniques, ponctuelles, et finalement passéistes.

J’appelle les responsables de l’Etat, des Régions PACA et Occitanie, des Départements du Gard et des Bouches du Rhône, des intercommunalités du pays d’Arles et de notre ville d’Arles, les responsables économiques, les acteurs associatifs et sociaux du pays d’Arles à ouvrir un débat citoyen et à lancer ce grand concours d’idées, ce grand débat public qui permettra de repenser la ville, et  de la refondre dans son histoire. Car Arelate a été créée ici parce qu’il y a le Rhône.

Voilà pourquoi je souhaitais que nous offrions aux arlésiens une opportunité de lancer ce débat.

 

Vous l’avez donc compris, je n’ai pas d’autre message que l’appel au débat et à l’ambition. Le Rhône, est plus qu’une chance pour Arles : il doit être aussi son ambition. Comme il le fut pour Arelate.

Pour illustrer cette ambition, nous ne pouvions faire mieux que de demander à Erik ORSENNA de venir nous parler de ses réflexions si justement appropriées à notre envie de nouvelles urbanités.

Erik est certes un académicien et un écrivain talentueux. Mais c’est d’abord le chroniqueur et le troubadour de la mondialisation sensible. Ses voyages sont des livres et ses livres sont des passages dans le temps comme dans la géographie humaine. C’est un conteur des grands fleuves, passionné par le Rhône.

Cher Erik, dans votre Petit précis de mondialisation, le tome 2 – l’avenir de l’eau-, on trouve beaucoup à méditer. Je livre une citation, pas tout à fait au hasard : « L’eau sépare, pousse au divorce. Mais c’est pour mieux remarier : changez de partenaire, dit-elle, essayez donc une autre cavalière, et vous verrez, votre vie s’en trouvera relancée ».

Eh bien oui, ici à Arles, nous voulons relancer le mariage d’Arles et du Rhône et je veux y contribuer.

Il y a aussi cette description du génie du Grand Canal de Chine. Cher Erik, vous décrivez les vertus morales que la réalisation de cet ouvrage colossal a nécessitées, et je pense qu’elles pourraient aussi bien s’appliquer au Rhône aménagé depuis  70 ans par la CNR. Et notamment cette « morale de la continuité » que vous résumez ainsi : « si des ancêtres ont commencé une œuvre il y a 3 000 ans, ils avaient une raison. Pourquoi cette raison serait-elle éteinte aujourd’hui ? En conséquence de quel droit interrompre l’action entreprise par ses ancêtres ? ». N’est-ce pas vrai aussi pour Arles et le Rhône ? Les Romains étaient des ingénieurs formidables et ils avaient en même temps un respect mystique pour la nature. Leur œuvre est encore structurante pour notre urbanisation, et nous devrions nous aussi exercer cette morale de la continuité.

Mais après le débat de ce soir, pour nourrir la réflexion de tous, pour inspirer les responsables que j’invite à lancer un grand concours d’idées et de projets, je vous invite à lire le dernier ouvrage d’ Erik, le tome 5 du petit précis de mondialisation, « Désir de villes ».

Cher Erik, Arles n’est pas parmi les 200 villes que vous avez explorées ; dommage pour nous… Mais vous êtes ici ce soir, et Arles sera donc peut être la 201ème !

En conclusion de votre livre, vous nous emmenez vers ce que pourrait être la «bonne » ville. Serviable, attractive, et textile. J’ai hâte de vous entendre sur ce dernier concept qui m’a séduite. Pour ma part, je sais que toute urbanisation est forcément convulsive, mais j’appelle de mes vœux une Arles sereine, et il faut sans doute  recoudre là où c’est nécessaire, retisser, en commençant par le vivre  ensemble avec le Rhône!

Vous écrivez en introduction de ce livre : « elle se dessèche, la ville qu’on prive de s’imaginer plus grande, plus belle, plus joyeuse, plus fraternelle ».  Ambition et fraternité, c’est bien ce que je souhaite pour aller vers la sérénité en pays d’Arles. »

Rencontres au Port fluvial d’Arles 

le 25 septembre 2017

La séance de travail a débuté par une visite du site et de ses deux terminaux. Nous avons assisté au déchargement d’un bateau ce qui m’a permis de rencontrer le personnel présent sur le quai. 

C’est ensuite, dans un cadre plus studieux, que Monsieur le Directeur nous a présenté les performances du site. Ont été évoqués les formidables atouts de ce port et sa capacité à se développer en s’appuyant sur les opportunités offertes pour la marchandise par la quadri modalité dont il bénéficie naturellement. 

J’en ai profité pour rappeler que je suis favorable à un Grand Plan Rhône pour notre territoire, convaincu qu’il jouerait un rôle majeur visant à conforter le développement de ce port de façon significative.

Stéphane PAGLIA, Président de la CCI, Chambre de Commerce et d’industrie du Pays d’Arles
Jérôme SANTILLI, Député suppléant
Sébastien PHILIBERT, Directeur général la CCI , Chambre de Commerce et d’industrie du Pays d’Arles

Benoit PONCHON, Directeur du port